EnergyForum VS

NEWSLETTER

EnergyForum Valais/Wallis

powered by dodeley

Contact

Technopôle 3
CH-3960 Sierre
T +41 27 606 90 94
F +41 27 606 90 00
info@energyforum-vs.ch

www.hevs.ch

Chances

(adaptation libre du discours de Hans E. Schweickardt, président du conseil d'administration d’Alpiq Holding SA, prononcé le 2 septembre 2010 dans le cadre de la célébration du centenaire de l’Association suisse pour l’aménagement des eaux)

Venons-en maintenant aux chances de la force hydraulique. Elle possède les meilleurs atouts pour continuer à jouer un rôle important au XXIe siècle ! Une première chance est liée à la géographie :

La Suisse n’a ni pétrole, ni gaz, ni charbon. Elle a peu de soleil et peu de vent. Dans ce domaine, nous sommes très limités. Mais la Suisse a les Alpes. Des montagnes, de la neige et de l’eau. De l’eau en grande quantité et de l’eau en quantités dosables. C’est important !

La nature nous a donné la possibilité extraordinaire de produire du courant électrique de façon indépendante grâce à l’eau. Tout d’abord pour nous, mais pourquoi pas pour d’autres également ? Au fond, la Suisse est une nation d’exportation : « Il n’est pas interdit de produire un peu plus que ce dont nous avons besoin nous-mêmes », a dit un jour la Chancelière allemande Angela Merkel en parlant de son pays.

Une deuxième chance réside dans le potentiel d’extension de la force hydraulique. Jusqu’en 2050, nous estimons pouvoir augmenter la production hydroélectrique d’environ 3 mia de KWh. Ce chiffre inclut les pertes liées au renforcement des dispositions sur les débit résiduels. En revanche, les conséquences du changement climatique sont imprévisibles.

3 Mia de KWh, c’est peu. Cela représente tout de même 8 % de la production actuelle (37 TWh). Ce potentiel d’extension se décline sur trois axes:

  • nouvelles installations,
  • nouveaux petits aménagements hydroélectriques et
  • augmentation de l’efficience des centrales de production actuelles.

Jusqu’à présent, l’histoire de la force hydraulique a été celle d’une marche triomphale. Nous avons désormais la possibilité de lui ajouter quelques beaux chapitres ! J’en suis convaincu : le potentiel est là.

La force hydraulique est bien proche d’être un miracle écologique ! Et c’est là se situe la troisième chance. Bien sûr, toute centrale de production est un ouvrage humain et, partant, une intervention dans la nature et le paysage. Certes, l’exploitation de la force hydraulique perturbe le libre cours de l’eau et les migrations des poissons. Mais il est tout aussi vrai que l’eau est une denrée renouvelable. L’eau ne produit pas de résidus. L’eau ne génère ni poisons, ni déchets. L’eau ne se perd pas lorsqu’elle sert à produire de l’électricité. Elle n’est pas consommée. Elle reste dans le circuit. J’aime à le dire et je le répète : l’eau est un miracle écologique ! Et de ce miracle écologique naît l’électricité. L’électricité n’est pas une énergie banale. Bien plus, elle est de l’énergie pour la précision, pour l’innovation, pour les hautes technologies. Une énergie à disposition de ces domaines dans lesquels nous nous sentons particulièrement forts en Suisse.

La quatrième chance de la force hydraulique a quelque chose à voir avec ce que nous avons déjà évoqué plus haut. La force hydraulique est compatible avec la protection du climat. En disant cela, je pense à deux choses :

  • Premièrement, la force hydraulique est exempte de CO2. C’est là un atout imbattable dans notre combat en faveur du climat. La force hydraulique est - avec l’énergie nucléaire - la raison principale de notre relativement faible dégagement d’émissions de CO2 par habitant. Si nous mettons nos émissions de CO2 en relation avec notre PIB, nous sommes mêmes champions du monde.
  • Deuxièmement, nous consommerons plus de courant dans le futur. Non seulement parce que le courant est de haute qualité. Mais aussi parce que, en tant que champions du monde consciencieux et lucides, nous voulons produire encore moins de CO2 qu’actuellement. Et parce que les 8,7 millions d’habitants pronostiqués à l’horizon 2025 consommeront plus de courant que les 7,8 millions d’habitants de la Suisse d’aujourd’hui.

Aujourd’hui, j’entends dire que soleil, vent et efficacité énergétique seraient la géométrie du futur ! En réalité, penser que cela permettra de combler le déficit électrique tout en remplaçant les énergies fossiles pour le bien de notre climat, c’est la géométrie de l’impossible ! En revanche, dans la géométrie du possible, la force hydraulique a une place solide. Même chose pour l’énergie nucléaire. Toutes deux sont favorables au climat.

La cinquième chance que j’aimerais évoquer ici est le fait que la force hydraulique a l’étoffe d’une énergie de pointe. Les aménagements à accumulation et les centrales de pompage-turbinage sont le nec plus ultra de la force hydraulique, parce qu’ils nous permettent d’avoir du courant dans le réseau au moment où nous en avons besoin. A la pointe, justement ! Alpiq investit dans cette technologie, et l’ouvrage de « Nant de Drance » en est un exemple.

Heureusement, nous ne sommes pas seuls dans notre projet. L’esprit des pionniers, nous n’en sommes pas l’unique dépositaire. Axpo, Repower et les FMB planifient ou construisent de leur côté de nouveaux grands aménagements de pompage-turbinage à Limmern/GL, à la Bernina/GR et au Grimsel/BE.
Ces bassins alpins sont importants pour le XXIe siècle :

  • sur le plan économique : l’énergie de pointe est particulièrement précieuse ;
  • sur le plan social : l’énergie de pointe est le carburant des services et des hautes technologies!
  • sur le plan de l’approvisionnement : l’énergie de pointe crée la stabilité dans le réseau lorsqu’en Allemagne le vent est faible ou lorsque tous les gens allument la lumière en même temps.

A nous, plaque tournante de l’électricité et batterie écologique de l’Europe, notre énergie de pointe nous donne des opportunités toutes spéciales au sein de notre continent. La force hydraulique a donc toutes les chances d’écrire l’histoire de ce XXIe siècle.

plus...